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Redécouvrons notre planète!

La Higuera, le bout de "la ruta del Ché".

17 Mai 2010, 06:17am

Publié par serge

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Pour les gens de ma génération, ceux qui avaient environ 20 ans en 68, un homme représentait à lui seul tous les idéaux de justice qui manquaient dans ce bas monde; notre héros, défenseur des peuples opprimés, c'était Ernesto Guevara, dit le "Ché". Né à Rosario en Argentine le 14 juin 1928, il souffre de bronco-spasme, un asthme qui le suivra toute sa vie et lui vaudra bien involontairement son surnom car contraint de précéder toute phrase de l'interjection "Ché". En 2007, j'avais eu l'occasion de visiter la maison de son enfance, devenue musée, à Alta Gracia près de Cordoba en Argentine, ce qui avait encore excité mon intérêt pour ce grand homme. 

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Au cours des années 60, il arrive en Amérique du sud à la tête de son groupe de Guerilleros, dont un français, l'écrivain, intellectuel et homme politique Régis Debray. Capturé avec ce qui reste de son groupe le 8 octobre 67 près du village de Pucara, le bout de la route aura lieu dans un tout petit village de montagne, La Higuera. C'est là que il sera ligoté sur une chaise, dans l'école du village et sera abattu de plusieurs balles tirées à bout portant au matin du 9 octobre 67. A cette époque, le village compte une cinquantaine de famille; en avril 2010, il reste 28 habitants dont trois français, un jeune couple et leur bébé qui tiennent l'unique "hôtel" des environs. Il flotte ici un air de Provence en plus vert. Le vent, le soleil et le relief nous rappelle notre région du sud de la France. Aller à La Higuera n'est pas aisé et il faut une grande motivation pour tenter le voyage. Les cartes routières étant incomplètes ou fausses (je n'ai pas encore trouvé une qui donne la juste position du village), il est indispensable de solliciter l'aide des autochtones. Il semblait possible de rejoindre le village en partant de Sucre à l'aide du bus qui se rend à Monteagudo, en changeant à Padilla direction Villa Serrano et de là, prendre un bus en direction de Vallegrande et descendre à Pucara (un a deux jours de voyage). Mais puisqu'il était impossible d'obtenir des renseignements fiables , nous avions choisi de rejoindre Santa Cruz de la Sierra (une nuit de bus), y prendre un bus pour Vallegrande (5 h de taxi collectif) et là, marchander un taxi pour rejoindre La Higuera (60 km, 2h 1/2 de piste) en passant par Pucara. Quelques kilomètres au sud de Pucara en direction de Villa Serrano, une piste sur la gauche mène à La Higuera distante de 15 km. Sur la gauche, au bord de la piste, on peut observer le mirador  surmonté d'une étoile, ou se réfugiaient les guerilleros. Le village s'étend de part et d'autre de la piste et est entièrement dévoué à son héros. Une statue en pied vous accueille sur la place centrale et un buste monumental vous observe à 20 m sur votre gauche, sur la partie haute de la place. Entre les deux statues, à la "Tienda la Estrella" Irina Rosada Carisales  vous proposera un café et vous parlera longuement de l'époque ou, jeune fille, elle côtoyait le "Ché". Pour visiter le musée, aménagé dans l'ancienne école reconstruite récemment, traverser la place; il est situé 30 m plus haut sur la droite au bord du chemin. Il serait dommage de ne pas passer la nuit à la Higuera. Vous trouverez le gîte et le couvert chez nos compatriotes à la "Posada del Télégrafista" charmante auberge joliment décorée au confort sommaire mais suffisant et au calme garanti.

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Radio ACLO, la voix des indiens des Andes boliviennes!

2 Mai 2010, 19:18pm

Publié par serge

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Il est tellement rare de rencontrer un organisme qui prenne fait et cause pour les indigènes de quelques pays que ce soit, que quand on en trouve un qui se bat depuis plus de 40 ans, on pose son sac et on observe. C'est ce que j'ai fait à Sucre, la capitale constitutionnelle de la Bolivie, la ville blanche. C'est en écoutant "Là-bas si j'y suis", l'excelente émission de Daniel Mermet que j'avais entendu parler de cette radio. De passage à Sucre, je me suis présenté aux bureaux de Radio ACLO, ou j'ai été très bien reçu par Grover Alejandro Pillco, le directeur de la radio. ACLO n'est pas qu'une radio, ACLO est plus qu'une radio. ACLO édite et diffuse une revue mensuelle "En marcha" (en marche), un bulletin d'information, des livres et tout ce qui est nécessaire au développement des indiens du sud  de la Bolivie. Des ateliers sont organisés pour tout ce qui touche la vie de tous les jours, agriculture, couture, lecture,informatique, économiePICT0435 

afin d'aider les indigènes, qui sont en majorité des cultivateurs, à améliorer leurs conditions de vie. Cela passe par la prise de conscience politique et l'importance du vote. Aujourd'hui, la Bolivie est dans une phase de démocratie grâce à l'action du Président Juan Evo Morales Ayma et son vice-président Alvaro Marcelo Garcia Linera et le travail d'ACLO s'en trouve d'autant soulagé que l'actuel Président, indien Aymara, est un ancien "Cocaleros" (récoltant de feuille de coca) et leader syndical. Mais tel n'a pas toujours été le cas et ACLO, depuis 40 ans, a du bien souvent se battre pour sa simple survie face à la dictature. Lors de ma visite, j'ai  apprécié la disponibilté des gens envers les plus démunis: une heure par jour, la radio sert à transmettre les messages personnels souvent afin de rassurer les proches.  Ici, le personnel est bilingue Espagnol et Quechua qui est la seule langue parlée par la majorité des indigènes.  Merci et longue vie à Radio ACLO pour ce travail au service des plus humbles.

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