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Redécouvrons notre planète!

Petite boucle sud Ecuador/nord Peru

, 05:28am

Publié par serge

L eglise de Macara, ville frontiere.

L eglise de Macara, ville frontiere.

La plaza de Armas, Tumbes, Peru
La plaza de Armas, Tumbes, Peru

Petite boucle de huit jours sud Equateur et nord Pérou.

Jeudi 8 janvier. Alors que toute la presse équatorienne fait ses gros titres sur l attentat de ‘’Charlie Hebdo’’, j ai envie de me dégourdir les jambes et comme depuis 5 ans je n avais pas traîné mes guêtres au Pérou, j ai hissé mon sac à dos sur les épaules et pris le bus Reyna del camino de 7h30, départ Manta direction Guayaquil. L avantage de cette compagnie c est qu elle propose des bus ‘’ejecutivo’’ c est à dire qui ne s arrêtent pas en cours de route pour descendre ou monter des passagers. Le tarif est de 5 USD et les 200 km sont couverts en 3h30. L arrivée à Guayaquil, la plus grosse ville d Equateur, se fait à l énorme Terminal Terrestre. Là, il convient de chercher au rez de chaussée le guichet de la compagnie qui vous transportera ou vous le souhaitez, pour moi, c est CIFA, spécialisée en direction du Pérou. Il m en coûte 10 USD et me voilà titulaire d un billet pour Tumbes au Pérou, départ à 14h30, ce qui me donne le temps de déjeuner et de lever mon courrier dans un des nombreux cyber café du Terminal. Outre les officines des compagnies de transport, ce bâtiment est une ville à lui tout seul avec commerces divers (drogueries, pharmacies, électroménager, Hi Fi, téléphone, etc), nombreux restaurants, WC publics, cabines téléphoniques, marchand de journaux le tout réparti sur le rez de chaussée et deux étages. Les départs interrégionaux et internationaux se font du deuxième étage. De cette plateforme, une centaine de bus arrivent et partent des box attribués aux compagnies et c est une lente procession qui suit la rampe pour rejoindre l avenue ou chacun prend sa destination.

La route sud emprunte une ligne de ponts sur le rio Guayas en traversant les quartiers périphériques de la ville. Les routes sont larges, de bonne qualité et le bus prend rapidement sa vitesse de croisière. Jusqu à Machala et au-delà, ce n est qu un mur végétal de feuilles de bananiers qui borde la route sous un ciel de plomb avec cet air saturé d humidité à la chaleur suffocante.

Il fait nuit avant d aborder la fontière et nous distinguons sous la lumière des réverbères les fèves de cacao qui sèchent à même le trottoir lors de la traversée des villes du sud. La relative fraîcheur de la nuit a fait sortir les habitants, la musique tonitruante inonde les quartiers ou flotte une fumée à l odeur de brochettes de poissons et de viande grillées. Le poste frontière de Huaquillas-Aguas verdes est aujourd hui pourvu de locaux modernes et propres ou passer la frontière est une pure formalité. Les agents des deux pays sont assis les uns à côté des autres et l obtention du visa est rapide. Plus rien de la zone de non-droit des années 2000 ou l on franchissait à pied le lit du rio à sec au milieu d une faune de trafiquants en tous genres et ou chaque billet changé était un faux. Les deux pays ont renoués leurs relations diplomatiques misent à mal par la guerre qu ils se sont livrés en 1941 et qui cicatrise trop lentement et un superbe pont enjambe désormais le Rio.

Le bus continue sa route jusqu à Tumbes que nous abordons vers 21h. N ayant pas de guide du Pérou je confie à un mototaxi le soin de me trouver un hôtel convenable pour vieux mochilero. Il me dépose au ‘’Lourdes’’ qui, malgré l accueil agréable ne me laissera pas un souvenir intarissable. Pour moins de 10 Euros le nuit, on ne peut pas demander l impossible !

S il ya une chose à voir à Tumbes, c est la Plaza de Armas flanquée à une extrémité d une sculpture énorme et de l autre d une scène surmontée d une alcôve monumentale, et c est en couleur ! et quelles couleurs, du criard, du kitch, du tape à l œil, un bel exemple de mauvais goût.

Ce qui m intéresse est plus sud et au lever, après un copieux petit-déjeuner dans une tienda, un mototaxi me transporte d agence en agence jusque chez Turela ou un bus part à 7h30 pour Chiclayo en échange de 35 Soles. La route est longue et si l on longe l océan jusqu à Mancora, ensuite on rentre à l intérieur des terres, paysage désertique entrecoupé d oasis. Je n irai pas jusqu au terminus et descendrais à Lambayeque, ce qui m évitera de faire le voyage dans l autre sens car ce qui m intéresse ici, c est le Muséo Tombas reales del Senior de Sipan. Je dépose mon sac à l hôtel Posada Nortena sur la panaméricaine sud. Pour 55 Soles je dispose d une chambre calme aux sanitaires exigus et cocarachas en prime. Il est 16h30, juste le temps de visiter ce musée dont on ne dira jamais assez la richesse des collections exposées, issues du caveau funéraire inviolé d un roi Mochica découvert à la fin du XXe siècle à quelques kilomètres.

Samedi matin de bonne heure, je prends un collectivo en face de l hôtel jusqu à Chiclayo, puis un mototaxi jusqu à l agence de transport Emtrafesa qui me propose une place pour Trujillo, départ imminent.

Route monotone au milieu du désert aride d ou percent çà et là quelques montagnes. Quelques derricks trahissent la présence de champs pétrolifères et de rares oasis sont couvertes de rizières.

Arrivé à Trujillo en début d après midi, je saute dans un petit bus direction Huanchaco.

Surprise, cela a-t-il donc tant changé en 5 ans, les deux villes semblent se toucher. Mais le choc sera pire dans la petite station balnéaire bondée en ce samedi de vacances scolaires. La plage est inaccessible et les tarifs des chambres se sont envolés. Je cherche une amie qui vivait là depuis des années…pour apprendre au quartier artisanal qu elle est retournée en France. Plus rien ne me retenant, je retourne à Trujillo.

L hôtel Colonial, à deux quadras de la plaza de Armas sur l avenue Independencia a belle allure ; à l accueil, l hôtesse accepte de minorer le prix de la chambre de 90 à 60 Soles, je prends. Enfin une vraie chambre au lit douillet et sanitaires impeccables.

La place est toujours aussi belle et aussi propre, ce qui tranche avec bien des villes du Pérou. Je rencontre Nora et Guillaume, deux jeunes compatriotes qui font un tour du monde en sac à dos. On sympathise, on dîne ensemble, échange d impressions, de tuyaux et d adresses et hasta luego !

Dimanche 11 janvier : je file chez Emtrafesa déposer mon sac. Dans la salle d attente, sur l écran suspendu, les images des évènements de Paris passent en boucle. Je traverse la vielle ville à pieds pour rejoindre la Parrada du collectivo qui relie la ville et le site archéologique de la huaca del sol. C est le nouveau musée, ouvert depuis notre dernier passage qui m attire jusqu ici. Et je ne regrette pas mon déplacement. Moderne, aéré, les collections y sont bien présentées et les explications nombreuses permettent aux néophytes de mieux cerner cette civilisation mochica qui peupla le nord Pérou du Ier au VIIIe siècle.

Un copiste en céramique a installé son atelier juste à la sortie du site il m accueille chaleureusement et me fait visiter ses installations en me détaillant son travail, merci l ami.

Retour chez Emtrafesa en collectivo. Mon bus pour Piura part à 13h40 j ai juste le temps d aller manger un almuerzo dans un petit restaurant. Pour ce voyage qui va être long, j ai choisi un siège coché-cama large et confortable pour un coût de 35 Soles. Sur l écran plasma du bus, les films se succèdent et j arrive à destination vers 19h30. Un taxi me dépose chez Union Cariamanga qui semble la seule compagnie à rouler vers Macara ville frontière équatorienne. Le bus part à 20 h, il fait nuit noire mais je peux constater dans la lueur des phares du bus que la route est belle et bien signalée. Mon voisin, un jeune péruvien, se rend à Loja, nous bavardons et j apprends que c est la première fois qu il sort de son pays. Nous arrivons au poste frontière peu avant minuit. La frontière est matérialisée par un rio , les postes de douanes étant respectivement de chaque côté d un pont récent. Le chauffeur de bus que j ai informé de mon intention de passer la nuit à Macara fait un détour et me dépose devant l hôtel Arrozalles. On m accueille chaleureusement malgré l heure tardive et contre 15 USD on m ouvre la porte d une belle chambre confortable. Après cette longue route, la nuit est douce. Le petit déjeuner inclus dans le prix de la nuitée est copieux et complet.

Macara est une jolie ville très propre et fleurie. Sur la petite place centrale je m adresse à l un des hommes assis sur les bancs publics, mallettes sur les genoux. Ce sont eux qui font office de changeur de devises et en un tour de calculette, mes Soles se transforment en Dollar. A proximité, l agence de bus de la coopérative de transport Loja me propose un billet pour Loja à 6 USD même si sur la place des camionnettes plus rapide ne demandent que 10 USD. Je préfère profiter pleinement du paysage assis en hauteur. Bon choix car le paysage est superbe, en particulier le bosque seco, cette forêt sans feuille qui semble sèche et qui est indiquée comme unique.

A l arrivée à Loja, surprise, mon compagnon péruvien de la veille est assis sur un banc du Terminal. Nous discutons, il attend son bus pour rentrer au pays, son séjour aura été de courte durée. J achète un billet pour Saraguro ville située à 2h de bus vers le nord en direction de Cuenca. Alors que je monte dans le bus, une toute jeune femme de type européen s approche, je lui demande d ou elle vient, elle est allemande, de Francfort. Je lui propose de s asseoir à mes côtés et nous discutons. J apprends ainsi qu elle s appelle Lisa et a 20 ans. Elle voyage depuis plusieurs années seule et alterne les périodes de travail et de voyage. Elle me montre son passeport orné de beaux visas d asie du sud-est. A Saraguro le ‘’Routard’’ indique l hôtel San Pedro, elle m y accompagne. Le patron est très accueillant mais il se méprend. Alors que je lui demande des chambres, il me propose une chambre matrimoniale, je souris et explique que nous ne sommes pas marié ; il me demande alors si Lisa est ma fille et je lui réponds que c est une amie de route. Les chambres sont petites mais propres et le confort est sommaire.

L éthnie indienne Saraguro qui peuple en majorité cette ville lui a donné son nom. Contrairement à l ensemble des tribus indigènes, leurs vêtements ne sont pas de couleurs chatoyantes. Ils sont intégralement vêtus de noir ; ils portent, selon la légende, le deuil éternel de leur Inca Atahualpa assassiné il y a 5 siècles. Alors que nous flânons dans la ville, Lisa, maladroitement tente de prendre en photo un groupe d hommes assis sur un banc ; aussitôt, l un d eux nous lance calmement : ’’nous ne sommes pas des animaux sauvages’’. Je lui présente mes excuses. Il fait frais à Saraguro. La ville est située à 2800 m et entourée de jolies montagnes ; la brume monte lentement de la vallée.

Je n ai pas passé une bonne nuit, je n arrivais pas à me réchauffer. Au petit matin je saute dans un bus, retour à Loja ou j arrive sous la pluie. TAC est la seule compagnie qui transporte vers Zaruma et il n y a qu un seul bus par jour à 12h45, j ai donc 3h devant moi et la pluie m empêche de visiter Loja. Un cyber café du terminal m aidera à passer le temps.

La pluie cesse comme nous embarquons et le soleil nous darde de ses rayons. Zaruma n est qu à 125 km mais il nous faudra 4 h pour y parvenir. Rapidement le bitume fera place à une piste à flanc de montagne avec des paysages somptueux et des a pics vertigineux et bien sûr j ai pris une fenêtre qui donne sur le ravin. Ma voisine est de Portovelo, elle m explique les mines d or de Portovelo et Zaruma. Son mari a travaillé 9 ans en Espagne, au retour, il s est acheté un pick-up appeler ici camioneta et fait du transport de gens et de marchandises. Elle me fait découvrir les Chifles dulce, je ne connaissais que les salés. Il s agit de bananes coupées et traitées comme des chips, c est très bon. Une variété se vend salée, une autre, les dulce semblent légèrement caramélisés.

A Portovelo, elle descend ; le bus grimpe alors une côte à forte pente pour arriver après 10 minutes à Zaruma, accrochée à la colline. Je prends un taxi pour rejoindre le centre. Là, je découvre une merveilleuse petite ville au riche passé aurifère. Aujourd hui les mines sont près de Portovelo, dans la vallée le long du Rio.

La belle place centrale est entourée de hautes maisons coloniales dont certaines en bois avec colonnades et arcades, trottoirs en bois, le tout très coloré. Nous sommes à 1150 m, la nuit tombe doucement et les réverbères accentuent les couleurs des maisons.

J ai choisi l hôtel Romeria situé à un angle de la place, près du Bureau de Tourisme. Le patron est jovial, je prends une chambre (12 USD) avec vue panoramique sur la ville. Le confort est sommaire mais pour une nuit… je dîne de la spécialité locale, le tigrillo, un mélange d œufs, de fromage, de légumes accompagné de viande, c est consistant mais l odeur n est pas des plus agréable. La nuit est perturbée par une secousse sismique c est fréquent dans cette contrée ou la montagne est coupée de failles géologiques.

Le soleil inonde vallée et montagne ce mercredi 14 janvier. Je descends à pied les 2 km qui séparent le centre du Terminal TAC. Sur le parking j entame une conversation avec un italien qui a choisi de venir vivre ses vieux jours en Equateur, il parcourt le pays avec un sac en bandoulière. Le bus part à 9 h 30 et descend sur Portovelo. Alors qu il se gare près d une place, je remarque en son centre une roue à eau. Intrigué, je m avance et un employé municipal qui faisait du nettoyage me propose de faire tourner la machine. Il ouvre alors une vanne qui libère l eau, la roue tourne entraînant un antique mécanisme de brouillage de minerai.

Le bus reprend sa route et nous descendons progressivement vers la côte et passons de la végétation de montagne à l abondante flore équatoriale pour finir parmi les bananiers qui nous accompagneront longtemps depuis Machala en direction de Guayaquil que nous atteindrons 6 h après notre départ (prix du billet :3.25USD).

Le retour à Manta se fera dans un bus Reyne del Camino, comme à l allée. J arrive à destination à 19 h le mercredi 14 janvier.

Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
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Petite boucle sud Ecuador/nord Peru
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